Nous aspirons de tout notre être à  des "vérités", des textes, des formules, des représentations qui ne dépendent ni du lieu ni du temps. Des énoncés simples et définitifs qui nous aident, simplifient, balisent et surtout justifient nos choix.

 

La vérité dans les dogmes religieux ?   

C'est le fonds de commerce des religions qui rendent ainsi un service social en plaçant dans l'esprit des hommes et en particulier des plus jeunes, des règles simples et fortes. Mais il s'agit là de vérités humaines, sociales, morales souvent, dont on pourrait difficilement prétendre qu'elles sont universelles et intemporelles." Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà ", ou, comme le disait Montaigne " Quelle vérité que ces montaignes bornent, qui est mensonge au monde qui se tient au-delà ? ". Et pourtant, des responsables religieux en font des "vérités" absolues, jusqu'à ce qu'ils soient mis au défi et parfois à mort par d'autres, qui ont une autre "vérité" en portefeuille. Utilité des dogmes, mais puériles et toxiques certitudes.

Vérités politiques ?

Mentionnons au passage d'autres dogmes, politiques ceux-là, illustré par les fascismes et les communismes du siècle passé. Qui pourrait prétendre qu'il s'agissait de "vérités", là aussi ? Quel échec mortifère !

Enfin, la science...

Alors, peut-être nous reste-t-il la science, comme la physique par exemple, appuyée sur les mathématiques, science exacte  par excellence ? Détrompons-nous bien vite. Les plus belles et les plus précises théories trouvent un jour ou l'autre une théorie plus précise (plus belle, je ne sais pas...) qui donne un degré de plus à la précision de notre représentation de la réalité mesurée par nos expériences et apportent des réponses à des questions qui jusqu'ici n'en avaient pas. La relativité a complété la théorie de Newton, la mécanique quantique a décrit les événements à l'échelle atomique, etc. La relativité ou la mécanique quantique sont-elles "vraies" pour autant ? Elles ont de nombreuses vertus, mais pas celle-là. Car notre explication du monde est pleine d'ombres et nous attendons la ou les théories qui les compléteront. Je n'ai pas dit qui les remplaceront, je laisse cette manie de la terre brûlée aux philosophes ou politiciens qui se trompent, sans parler des prophètes en révélations divines, mes bêtes noires, car eux, ils mentent.

Ne prenons pas nos principes pour des vérités

Alors, convenons qu'il n'y a pas de vérité à notre portée, ce qui serait plus simple et plus honnête ? Ne serait-ce pas aussi une aide pour faire face aux convictions des autres et parfois même en tolérer certaines que nous n'approuvons pas ? Ils ne détiennent pas la vérité, mais moi non plus... 

Qu'on ne se méprenne cependant pas sur cette vision qui ne veut en rien établir un relativisme des convictions. On ne construit pas sa vie sans avoir des principes donnés par l'éducation , les coutumes et notre propre réflexion, des "certitudes", donc. Ne les prenons simplement pas pour des vérités universelles et intemporelles. Elles ont le mérite d'être et d'apporter leur service ici et maintenant. C'est déjà beaucoup.