Il fut, dans les années 80, très à la mode de louer le management japonais pour sa capacité à voir globalement les enjeux, à ne rien décider sans replacer la décision à prendre dans le contexte général, etc. Il suffit de voir où en est le Japon aujourd'hui pour comprendre que cette mode se soit discrètement effacée des publications innombrables et souvent stériles, sur le "bon" management. La vision globale aurait-elle des failles ?

 

Nous aspirons de tout notre être à  des "vérités", des textes, des formules, des représentations qui ne dépendent ni du lieu ni du temps. Des énoncés simples et définitifs qui nous aident, simplifient, balisent et surtout justifient nos choix.

Que savons-nous, vraiment ?

Qu'est-ce que savoir ? Savoir, par exemple, qu'aujourd'hui il fait beau et que le soleil est là ? C'est se faire dans notre tête cette idée que suggère la lumière, la vue du soleil, la chaleur sur notre peau, etc. Mais que savons-nous vraiment ? Ce que nos sens nous ont dit, ce que notre cerveau a traduit en une image que nous percevons. Mais nous faisons ainsi que nous contempler nous-mêmes, nos images, nos représentations, coordonnées par notre cervelle. Et nous savons combien nos sens sont fragiles, capables d'erreurs, d'illusions, de raccourcis trompeurs. Alors, c'est quoi le soleil qui brille ? Si je suis modeste et honnête, je dirai franchement que je n'en sais rien. Mais, ce que je sais est que la représentation que je m'en fais me permet de vivre, de partager cette sensation avec les membres de mon espèce et même d'en tirer certaines conséquences utiles.